• Fort de Vaujours : Pollution des sols, le scandale caché - Sarah Oultaf

    Le Fort de Vaujours est un site aux portes de Paris, à cheval entre les départements de la Seine-Saint-Denis (93) et de Seine-et-Marne (77) . Utilisé pendant plus de quarante ans par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), il est contaminé radioactivement suite à la multitude d’expériences qui ont abouti aux développements des détonateurs des bombes atomiques de l’armée Française. Malgré les preuves de la contamination et les doutes des autorités compétentes, la société Placoplatre (Saint-Gobain) désire exploiter les sous-sols du Fort de Vaujours, à l'abri des regards.

    Ce projet titanesque et hasardeux est susceptible de provoquer des atteintes sévères à la santé des travailleurs et des populations riveraines.

    La fédération d’associations Environnement 93 (membres du collectif Sauvons la Dhuis) a décidé d’agir en justice pour stopper ce projet et vous invite à y prendre part grâce à Citizencase, une plateforme de financement participatif pour un meilleur accès à la justice des associations.

    Quarante années d’expérimentations en banlieue Parisienne

    Situé aux portes de Paris, le Fort de Vaujours a été utilisé de 1955 à 1997 par le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) pour y développer les détonateurs des bombes atomiques de l'armée Française. [...]

    Les expérimentations toujours classées « secret défense » consistaient, entre autres, à tester la déformation de métaux au contact de l’explosif. Le CEA a donc pratiqué sur ce site des tirs à l’air libre et/ou en casemates laboratoires avec de l’uranium, du béryllium, du plomb, etc.

    Pour concevoir les explosifs chimiques des détonateurs, le CEA a utilisé des produits particulièrement toxiques dont certains nécessitaient d’être manipulés en scaphandre.

    Si l’on ajoute à cela la présence avérée de munitions non explosées datant de la seconde guerre mondiale, le Fort de Vaujours est un site particulièrement sensible dans une zone fortement urbanisée.

    Grâce aux actions que nous avons menées en 2014, il est désormais avéré que le Fort est bel et bien contaminé à l'uranium, un toxique chimique présentant une très forte radiotoxicité par inhalation. Ainsi une exposition par contamination interne peut avoir sur le long terme des effets sur la santé tels que des cancers et des leucémies. Cela bien sûr n’exclut pas les autres risques liés aux pollutions chimiques, aux métaux lourds et aux munitions non explosées.

    Des pollutions radioactives 70 fois supérieures au bruit de fond, liées à la présence d’uranium ont donc été confirmées le 25 février 2014 en présence de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité), l’ACRO (Association pour le Contrôle Radioactivité dans l'Ouest) , l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) et l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire).

    Un projet à très hauts risques

    Le Fort de Vaujours a été racheté en 2010 par la société BP Placo (anciennement Placoplatre), filiale du groupe Saint-Gobain. Cette société, leader dans la fabrication de matériaux à base de plâtre (notamment le fameux « placo » très utilisé pour les cloîsons intérieures, isolations, etc.), désire détruire la colline pour y exploiter les sols riches en gypse afin d’alimenter son usine de fabrication de Vaujours (93).

    Ce projet titanesque et hasardeux  nécessite le démantèlement de plusieurs centaines de bâtiments et d’infrastructures techniques enfouies, le déplacement de millions de m3 de terres potentiellement contaminées. Ce projet est susceptible de mettre en danger la santé des travailleurs et des populations riveraines.

    Sans tenir compte des avertissements lancés par les associations depuis 2011, de mars à mi-mai 2014, Placoplatre a fait procéder à une première tranche de démolition de bâtiments, de mars à mi-mai 2014, sans attendre l’avis de l’ASN et de l’IRSN.

    Dans un rapport particulièrement accablant, rendu publique le 2 juillet 2014, l'IRSN a accusé Placoplatre d'avoir retenu une méthodologie incapable de détecter les contaminations à l'uranium du Fort et incapable "d'écarter la présence d'une contamination résiduelle susceptible de générer une exposition interne par inhalation ou ingestion involontaire des travailleurs".

    L'IRSN a estimé ne pas être "en mesure de se prononcer sur le bien-fondé de l'approche retenue pour prévenir des risques d'exposition des travailleurs et du public". Elle a enfoncé le clou en précisant qu'il n'y a eu "aucune évaluation des risques d'exposition interne, ni de disposition opérationnelle particulière qui permettrait de le prévenir".

    L'IRSN a ajouté qu'il n'y a eu "aucune disposition de protection particulière visant à éviter la dissémination des poussières dans l'environnement lors des travaux" avant d'affirmer que le dossier de Placoplatre ne "permet pas d'apprécier le caractère probable ou non d'une contamination des bâtiments selon leur usage passé".

    Sous la pression de notre mobilisation et de la CRIIRAD, l’IRSN a enfin su prendre une partie de ses responsabilités, alors qu’elle a minimisé pendant des années la contamination du site.

    Bloquées à la demande des services de l’Etat, les démolitions des bâtiments sont en passe de reprendre avec le soutien de l’IRSN et de l’ASN.

    [...]

    Source : http://citizencase.org/projet/fort-de-vaujours-vous-avez-dit-radioactif/

     

    L'histoire du fort de Vaujours racontée par Christophe Nédélec, porte-parole du collectif Sauvons la Dhuis :

     

    Plus d'infos :

    => Le site du collectif Sauvons la Dhuis

    => Le site de l'association Environnement 93

    => Le blog Les abesses de Gagny-Chelles

    => Le site de l'ACRO, l'Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest

    => Le site de l'émission Le Monde en face (France 5)

    => Carte La France du nucléaire

    => Article L'Humanité Contamination nucléaire : le fort de Vaujours exige la lumière


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